Le Collodion humide




 

Historique


Ce procédé photographique se situe dans la continuité des recherches de Niepce de Saint Victor, qui avait développé un procédé de prise de vue dont le substrat était l’albumine. Le procédé peu sensible et difficile à mettre en œuvre laisse place au Collodion dans les années 1850,

La découverte de la Nitrocellulose en 1846 par Schönbein ouvre de nouvelles portes dans les domaines de la médecine et de la photographie. La nitrocellulose (matière cotonneuse), une fois dissoute dans des proportions de 2 a 10% dans un mélange d’éther et d’alcool, forme un mucilage qui a la propriété de se solidifier à l’air libre en formant un film sous l’action de l’évaporation des solvants.

La paternité du procédé est difficile à attribuer, comme souvent à cette époque. Frank Scott Archer édite un texte au sujet du collodion en 1851, alors que Le Gray dit l’avoir mis au point dès 1850. Ce fait est souvent éludé par les sites anglo-saxons, et je me permets ici de rappeler l’importance de Gustave Le Gray dans le développement technique de la photographie.

Quoiqu’il en soit le collodion a été majoritairement utilisé aux États-Unis, et ce jusque l’entre deux guerre, le «Tintype» était un moyen rapide et peu coûteux d’avoir sa photo. Ce facteur historique fait qu’à ce jour le collodion est une discipline beaucoup plus développée outre-atlantique entre autre lors des événement de reconstitutions des batailles de la guerre de sécession. En Europe la photographie cherchant plutôt à se faire accepter comme un «Art» a joué sur les qualités de chacun des procédés à sa disposition ; ainsi le papier salé et le collodion étaient tout deux également pratiqués par des artistes comme Le Gray, Baldus, Nègres, Marville, Atget,Humbert de Mollard etc. chacun ayant ses raisons pour attribuer à chaque méthode des avantages dûs à leur caractéristique graphiques en relation avec tel ou tel sujet (voir la monographie de G. Le Gray aux Editions Gallimard).

Félix Tournachon (Nadar) a réalisé la quasi totalité de ses portrait en utilisant la technique du collodion humide ; ces plaques sont consultables sur le fond numérisé du musée d’Orsay. Il est notable de voir que sur une plaque de quatre photos, certaines sont inutilisables du fait d’une mauvaise manipulation (coulage défaillant) ; lors de la préparation de la plaque, on se prend a rêver devant un « photomaton » de C. Baudelaire dont seul une photo de la plaque a pu être exploités.

(Source : Edouard Franqueville)


Le Procédé  :

Le collodion est un nitrate de cellulose dissous dans un mélange d’alcool et d’éther que l’on étend sur une plaque de verre.

Quand ce mélange commence à se figer sur le verre, on plonge la plaque dans un bain de nitrate d’argent pour la sensibiliser, les sels contenus dans la pellicule sont ainsi transformés en halogénure d’argent sensible à la lumière. On égoutte ensuite la plaque, et la transfère dans un châssis étanche à la lumière.

On peut alors faire une prise de vue à l’aide d’une chambre photographique. La plaque doit ensuite être immédiatement développée en chambre noire avec de l’acide gallique ou du sulfate de fer, puis fixée au thiosulfate de sodium ou au cyanure de potassium.

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Charles Baudelaire – Nadar